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Mouvement pour la Défense de Lausanne

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Le MDL fête ses 50 ans!


Actualités

06/09/2017

Métamorphose: Les Prés-de-Vidy
Suite des journées participatives.

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06/09/2017

Le projet  au chemin du Chasseron 6 d'une hauteur inadaptée aux immeubles du quartier a été refusé pas la Municipalité. Le propriétaire fait recours au CDAP, les opposants ont déposé leurs recours.

09/03/2017

Le projet du "Blockhaus" au centre de Chailly a été écarté par la Municipalité et en accord avec le promoteur un nouveau projet sera étudié en accord avec les différents partis

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Ne nous laissons pas envahir par la densification

La cathédrale un monument en danger!

COLLOQUE PLURIDISCILINAIRE - déontologie de la pierre: stratégies d'intervention pour la cathédrale de Lausanne. Les 14 & 15 juin 2012 à Lausanne. Lien au rapport

Dr. Dieter Kimpel, professeur ordinaire émérite de l’Université de Stuttgart, est un expert international de l’histoire, de l’architecture et de l’art gothiques. Il a été consulté en 2001 par l’État de Vaud. Citations de son courrier de mai 2007:
“[...] En 2001, il y eut un colloque international à Lausanne au sujet des façades nord et sud de la nef et des arcs-boutants en particulier. Ingénieurs, architectes, archéologues et historiens de l’art y furent invités, ainsi que moi-même. Le système de contrebutement et surtout de l’évacuation des eaux avait été établi par Viollet-le-Duc et achevé par son successeur Assinaire, probablement en remplaçant un contrebutement médiéval d’origine. La fonction statique de cette mesure est négligeable puisque les arcs s’appuient trop haut pour contrebuter les voûtes de la nef, lesquelles d’ailleurs n’exercent pas de poussée latérale qui ne soit pas stabilisée par les murs goutteraux de la nef. Celle-ci est de plus assez trapue. “Les problèmes résidaient ailleurs: Donc, pas de problèmes statiques.
“Les problèmes résidaient ailleurs: la pierre (calcaire et surtout la molasse) ainsi que le jointage étaient en mauvais état. Au colloque, on était d’accord qu’il fallait sauvegarder le système butant de Viollet-le-Duc en réparant les dégâts qu’il avait subi: “Il est donc vivement recommandé de ne pas modifier, ni dans leur forme, ni dans leur comportement, les arcs de Lausanne.” (Compte rendu du colloque, p. 9) [...]
“[...] Le compte rendu comporte aussi une expertise de l’Expert Center pour la Conservation du Patrimoine Bâti, laboratoire de l’EPFL, qui, après analyse des arcs-boutants, propose des mesures de protection par rapport aux joints, plaques et croûtes noires de gypse. (ibid. Annexe B, p. 9)
“En dépit de ces nombreuses recommandations d’une “conservation douce”, l’architecte a choisi le chemin de faire à neuf, ce qui m’a pour plusieurs raisons très choqué:

  • L’authenticité de l’édifice est gravement atteinte.
  • Ce procédé est beaucoup plus cher qu’une conservation.
  • Il est accompagné [...] par une négligence évidente des soins d’entretien régulier. De cette façon, ces parties seront bientôt dans un état de dégradation qui justifiera leur réfection.
  • Cui bono ? La réponse me semble claire : ce sont l’architecte et son équipe qui en profitent.
  • “Je me rends compte que c’est un grave reproche. [...]”

Le Professeur Dr.-Ing. Manfred Schuller enseigne à l'Université Technique de Munich où il dirige, depuis 2006, l'Institut d'Histoire et d'Archéologie de la Construction, ainsi que le Conservatoire du Patrimoine Bâti de la Faculté d'Architecture.
Il a été titulaire de la chaire de Technologie de l'Habitat préhistorique et d'Histoire de l'Architecture à l'Université Otto-Friedrich de Bamberg, de 1986 à 2006.
Il est expert consultant pour la conservation des cathédrales de Bamberg et de Ratisbonne ainsi que, à Venise, du Palais des Doges et de la basilique Saint-Marc et supervise le programme ICOMOS Allemagne pour la conservation de la cathédrale de Cologne et du centre historique de Bamberg..
A la Direction de la Conservation du Patrimoine, le Prof. Schuller est membre, depuis plus de vingt ans de la Commission pour la restauration complète de la cathédrale de Ratisbonne. Les méthodes appliquées à Ratisbonne, aux hôtels particuliers du centre historique et à la cathédrale, ont permis leur accréditation comme site du Patrimoine Mondial de l'UNESCO.
Le Prof. Schuller observe qu'il existe, à la cathédrale de Lausanne, de graves problèmes de "restauration". Ces problèmes sont dus au choix des méthodes qui sont appliquées à l'édifice depuis au moins vingt-cinq ans.  Il estime qu'il est grand temps de s'orienter vers des méthodes de conservation largement expérimentées, comme celles qui sont mises en œuvre au Munster de Berne depuis des années déjà.

Le Professeur Jean-Michel Leniaud enseignant à l’école nationale des chartes et directeur d’études à l’école pratique des hautes études de Paris a participé au colloque qui s’est tenu en 2001 à propos de la cathédrale de Lausanne, de la stabilité des murs gouttereaux de la nef, de l’état des arcs-boutants et des interrogations que suscite la dégradation de l’appareil en molasse.
J’y avais été appelé en raison de ma connaissance approfondie des interventions suscitées par Viollet-le-Duc en matière d’arcs-boutants. A la cathédrale de Lausanne, en effet, les arcs-boutants médiévaux ont été jugés déficients par cet architecte et ont été refaits par ses soins selon un modèle différent de l’original.
 Il m’a été rapporté, et les photographies qui m’ont été adressées me le confirment, que des travaux sont en cours, qui menacent fortement l’intégrité physique et esthétique du monument: purges brutales et systématiques des pierres érodées, réfection d’appareil et de moulures, reconstruction des arcs-boutants entre autres.
Je suis très étonné de la décision qui a été prise en ce sens car elle se situe aux antipodes de ce qui avait été conclu à l’issue de notre réflexion d’alors.
La première conclusion concernait les gouttereaux: faute de mesures appropriées, rien ne prouvait que le mouvement d’écartement se poursuivait. Il semblait même que la situation s’était stabilisée, qu’aucune intervention d’urgence n’était nécessaire et qu’il importait en premier de disposer des appareils de mesure.
Pour les arcs-boutants, il apparaissait que, si le mouvement s’était stabilisé, leur rôle était devenu inutile et qu’au total, la restauration de Viollet-le-Duc n’avait pas débouché sur un meilleur résultat que l’intervention du concepteur médiéval. On dispose à Lausanne d’un témoignage remarquable et unique sur les erreurs de jugement du grand théoricien.

Réduits à un rôle décoratif, il avait été conclu que ces arcs-boutants ne devaient pas être restaurés comme des éléments d’architecture, c’est-à-dire en refaisant les parties manquantes et ruinées, mais comme des éléments décoratifs, voire des sculptures. Une solution avait été évoquée pour parvenir à une stricte conservation de la substance ancienne avec le minimum de retrait et sans ajout de matière, notamment par l’injection de produits appropriés et l’utilisation de mortiers spéciaux.
Il est très regrettable pour ce monument majeur de l’histoire de l’architecture que constitue la cathédrale de Lausanne que ces solutions subtiles et novatrices n’aient pas été retenues au profit d’une intervention irrespectueuse de l’authenticité et brutale dans ses moyens et dans ses résultats.

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